4 leçons que je retiens déjà de 2020

Mis à jour : juil. 17

Entrepreneuriat et santé mentale



Lorsque j'ai débuté en tant qu'entrepreneure, en août 2018, je croyais sincèrement tout avoir sous contrôle. Le prévisionnel a convaincu mes investisseurs, j'avais une idée claire de ce à quoi ma journée typique ressemblerait, et imaginais à quel point ma vie en tant qu'entrepreneure serait parfaite, sur la simple base de mes compétences et de ma passion. Je ne savais pas qu’une entreprise prospère coûtait plus que de la formation et un bon réseau.

Avance rapide jusqu'en février 2019, mon entreprise gagne en visibilité, je donne ma première masterclass, saute d’un train à un autre pour rencontrer mes clients, mais ma santé commence à se dégrader. J’ai pris 10 kilos, je dors moins, mes émotions sont à fleur de peau, mais je décide d’ignorer les effets néfastes du stress et de la sédentarité. Après tout, les clients d’abord.

Puis arrive novembre 2019. Entre-temps, j’ai déménagé de chez mes parents et loge désormais dans un petit appartement cosy. Mais mes habitudes n’ont pas changé : je passe mes jours et mes nuits à travailler, ne mange qu’une fois et très tard dans la journée (en fait, la nuit), dors toujours de moins en moins et tout ça en gardant les yeux sur une comptabilité qui ne me satisfait pas. Travaillant à domicile et étant naturellement casanière, il était donc très fréquent pour moi de passer plus de 5 jours d’affilée sans ne jamais sortir, même pour des courses. Ce qui ne m'a pas aidée.


À l'époque, l'aide financière que je recevais du gouvernement n'était pas suffisante pour joindre les deux bouts, et mon entreprise a commencé à nécessiter des investissements d’un certain coût. J'ai donc commencé à prendre plus de clients que je ne pouvais en satisfaire, sacrifiant les précieuses ressources dont j'avais besoin pour moi-même sur l’autel de la performance et de mes factures. Et dans le processus, je n’ai pas vu le tort que je me causais, ni la violence avec laquelle je traitais cette partie de moi qui se poussait à exceller parfois au détriment de sa propre paix, comme pour prouver qu'elle était « assez bien » et méritait d'être aimée (et payée). Évidemment au bout d’un moment, cette partie de moi s’est épuisée.

Mettre plus de travail sur mes épaules qu'elles ne pouvaient en supporter tout en facturant moins que ce que je méritais me conduisait chaque mois au casse-tête financier. Le manque de sommeil ne faisait qu’amplifier ma détresse émotionnelle. Ajoutez à cela un peu de stress familial, et c’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase: janvier 2020, cette détresse a culminé en un burn-out et plusieurs attaques de panique.


janvier 2020, cette détresse a culminé en un burn-out et plusieurs attaques de panique.

Les semaines qui ont suivi ont été parmi les plus difficiles de ma vie. J’étais surmenée, et dépressive. Les médecins m'ont demandé de ne pas travailler, mais j’ai dû continuer malgré tout (parce que qui va payer ces factures, boo?). Cependant, j'ai dû trouver un moyen de travailler moins d’heures pour gagner autant, sinon plus de productivité à cette époque, grâce à une nouvelle approche, un nouveau fonctionnement.

À partir de février, j’avais commencé à remonter la pente. J’avais arrêté de prendre des somnifères, je mangeais plus régulièrement et me surprenait même à apprécier pratiquer de l’exercice physique quotidiennement. Ces efforts avaient permis à mon rythme de sommeil de naturellement s’autoréguler. J’avais trouvé une nouvelle norme qui fonctionnait pour moi.

Puis le Covid est arrivé. Le gouvernement a décidé de nous confiner le 16 mars. Une semaine plus tard, je présentais des symptômes du coronavirus. Et la semaine suivante, j'étais de retour à la case départ: épuisée, déprimée, seule, blessée et incapable de travailler.

Quand je suis retombée dans la dépression, j'ai pensé que ça allait être la fin pour mes rêves et moi. Mais avec le recul, je sais maintenant que c'était un échec nécessaire.

Je devais comprendre que l’ancienne version de moi et celle que la vie dont je rêvais m’obligerait à devenir ne pouvaient pas cohabiter. Pendant cette période, j’ai été contrainte de prendre soin de moi, de m'asseoir avec moi-même, de creuser profondément dans mon âme et de me soumettre à un processus de guérison pour survivre. Et j’en suis maintenant reconnaissante, car c’était le début d’un voyage vers une version de moi-même qui non-seulement s’estime davantage, mais est aussi désormais mieux équipée à bâtir un succès durable dans différents domaines de sa vie. Et ce, tant pour l'enfant intérieur que je reste, que pour la femme que je suis devenue.

Voici les quelques étapes qui m'ont aidé à me remettre sur pied:


1- PARLER


Dès que la tristesse est revenue toque, je ne me suis pas totalement renfermée. J’ai fait savoir aux plus proches de mon entourage que je n'allais pas bien, même si je me sentais coupable de me sentir à nouveau faible. Ces personnes ont accueilli ma vulnérabilité et m’ont permis de comprendre qu’elle ne retirait rien à ma valeur.


2- DÉLÉGUER


Je crois sincèrement que le self-made n'existe pas (j’en parle et explique pourquoi dans cet article). Tout comme pour élever un enfant, bâtir une entreprise prospère te demandera un village. Si tu commences à te sentir dépassé, il est peut-être temps d'embaucher, ou de sous-traiter.


Tout comme pour élever un enfant, bâtir une entreprise prospère te demandera un village.

Personnellement, il a fallu que je sois forcée de passer outre mon obsession du contrôle pour me rendre compte que j'avais de véritables personnes de confiance à qui confier mon entreprise pendant ma convalescence. N'attends pas d’en arriver à ce point et apprends à faire confiance en intégrant des collaborateurs à ton équipe.


3- OBTENIR UNE AIDE PROFESSIONNELLE



Peut-être est-il temps de faire auditer ton entreprise par des experts, de soumettre ta vision à un mentor, un modèle, quelqu’un qui atteins déjà les objectifs que tu te vises.

Ton concept n’est peut-être pas si mauvais que ça, mais que ton mode de fonctionnement te fait échouer. Le problème peut également être simple à régler une fois identifié. Cela peut être ton pricing, ta gestion financière, ta prospection, le produit en lui-même… Avant de tout jeter, laisse-toi une chance de réessayer autrement.

Mais quand je parle d’une aide professionnelle, je ne parle pas uniquement de l’aspect purement pratique de l’entrepreneuriat. Il se peut que tu aies également besoin de soutien mental, ou spirituel. Si comme moi au début de cette année, tu es une femme noire et tu souffres de dépression, sache que tu n’es pas seule, que tu peux en guérir, mais contrairement à ce que tu peux entendre, elle ne se guérit pas que par la prière. Certains d'entre nous ont besoin d'un suivi médical professionnel pour guérir. Appelle un(e) psychologue, fais tout ce qui est en ton pouvoir pour soigner tes blessures intérieures.


Avant de tout jeter, laisse-toi une chance de réessayer autrement.

Pour moi, faire la paix avec moi-même a été un acte révolutionnaire dans tous les aspects de ma vie. Accepter que mes défauts et mon passé ne retiraient rien à ma légitimité en tant que professionnelle m’a permis de comprendre combien la faible estime que j’avais de moi-même me privait de la vie que je méritais. Et cela se reflétait jusqu’à la manière dont je me traitais, dont je m’habillais, dont je me parlais et dont je (me) vendais. De mes habitudes de consommation à mon pricing, il fallait tout changer. Mais je ne m’en serais peut-être jamais aperçue si je n’avais pas fait appel à de sages conseillers.

Sache aussi qu’en France, tu n’as pas forcément besoin d’argent pour bénéficier d’un suivi pour ta santé mentale : des centres médico-psychlogiques régionnaux existent, et tu peux y être reçue gratuitement (il s’agit d’un dispositif couvert par la sécurité sociale).


4- TE PRIORISER

En repensant ma manière d’allouer mon temps avant que je ne fasse une crise de surmenage, je me suis rendu compte que je dépensais beaucoup dans mon entreprise et celle de mes clients, mais que je ne me permettais jamais de refaire le plein. Le succès financier était tellement au centre de mon attention, que j'avais totalement négligé mon bien-être. Après ce burn-out, j'ai donc décidé de prendre soin de moi avant tout, en me montrant l'amour que je voulais recevoir quotidiennement et en priorisant mes besoins avant ceux tout le monde, jusqu’à dans l’organisation de mes journées. Et ça n’a pas besoin d’être une longue journée au spa. Tu peux pratiquer « self-care » avec de petits actes au quotidien.

Par exemple, à l'époque, je prenais mon téléphone dès le réveil, et finissais toujours par être plongée dans des journées de travail intenses. Maintenant, je prends le temps de prier, de méditer, d'organiser mon espace, de faire de l'exercice, de manger, de regarder une vidéo ou deux sur YouTube, d'écouter un podcast, d'appeler ma mère, avant de me livrer à une quelconque activité professionnelle. Et si cela prend toute ma matinée, tant pis. J'ai dû discipliner mes raisonnements pour m’apprendre à arrêter de me sentir coupable d'avoir investi en moi-même par des temps de repos. La productivité et la satisfaction qui en ont résulté n’ont fait que confirmer que j’avais eu raison de me choisir.

Tu peux pratiquer « self-care » avec de petits actes au quotidien.

Tout cela m’amène à une profonde reconnaissance concernant cette année 2020. Sans le confinement, je n’aurais peut-être jamais réalisé que pour attirer l'abondance, je ne pouvais pas opérer à partir d’un manque. Je n’aurais jamais considéré combien une réussite professionnelle durable n’était que le fruit d’une réussite personnelle. Mon caractère devait changer. Mes relations, à commencer par celle que j'avais avec moi-même, devaient changer. Pour faire grandir mon entreprise, j’avais besoin de croissance personnelle et de redéfinir les paramètres de ma paix intérieure. Tout un travail d’introspection que mes anciennes habitudes ne m’auraient certainement jamais permis d’effectuer.

En espérant que cet article t’aide à prendre de bonnes décisions, indépendamment du contexte chaotique de 2020.

Courage à toi, (future?) entrepreneur(e)!

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