Click baiting: la fausse bonne idée

Depuis deux ou trois ans, nous assistons à l’émergence de magazines d’information continue extrêmement actifs sur les réseaux sociaux, et spécialement dédiés aux millenials: Mashable, BuzzFeed, Konbini et Speech, et même le Huffington Post s’y est mis.

Ces médias publient sur leurs pages réseau sociaux à une très haute fréquence (presque autant que moi, c’est vous dire), allant parfois jusqu’à un post par heure. 90% de leurs publications sont des liens qui vous redirigent vers leurs sites et articles. Et avec tout ce flot d’informations, garder chacune des publications pertinente et/ou capable de d’attirer l’oeil du lecteur pour générer du traffic est un véritable challenge. Ding Dong! C’est là qu’intervient le Click Baiting.

Qu’est-ce que le click baiting ?

Le click baiting (en Français, “piège à clics”) est un néologisme qui désigne la technique de marketing web qui consiste à attirer le maximum de d’internautes sur ton site de manière à générer des revenus publicitaires.

Dans cette optique, tous les moyens sont bons pour se faire de l’argent, y compris les publications (titre) mensongères.

C’est ainsi qu’en arrivant sur ta timeline, tu rencontreras des publications aux titres très accrocheurs, mais dont les contenus n’ont absolument aucun rapport avec la raison pour laquelle tu auras cliqué. Ou encore, que tu apprendras que ton couple star favori est en procédure de divorce, alors qu’en réalité ils jouent dans un nouveau film dans lequel leurs personnages se séparent. Ou que sur YouTube, tu croiseras des vidéos dont le titre affiche “STORY TIME: On m’a presque empoisonnée au restaurant!” quand en réalité le serveur du YouTubeur s’est juste trompé dans la commande et lui a servi du coca zéro au lieu d’un coca classique. Qu’importe les balivernes et calembredaines car en cliquant, tu viens de générer du revenu au site ou au vloggeur qui t’a bien eu. Désagréable, n’est-ce pas?

Et si tu ne prends pas la peine de lire l’article (ou de regarder la vidéo) avant de le(la) partager (fais pas style, on fait tous un peu ça), c’est encore mieux pour le site: le sensationnel fait son effet, et tu augmentes la portée de l’article (et par conséquent le trafic qu’il génère sur le site ou la vidéo) via les médias sociaux. Félicitations, tu es devenu ambassadeur/-rice de la désinformation !

Après la lecture d’un article pesant 3 “pour” et 3 “contre” cette pratique (que vous pouvez consulter en cliquant ici), ma balance penchait toujours vers le contre. Voici donc plusieurs raisons pour lesquelles en tant que blogueuse et webmaster, je déconseille fortement d’avoir recours à ce genre de pratiques pour générer du trafic sur ton site.

1- Buzz éphémère

Mettons-nous donc en situation. Tu rédiges un nouvel article et le poste sur différents réseaux sociaux pour y générer un maximum de trafic, avec un titre très accrocheur, même s’il est un peu (vraiment) éloigné de son contenu. Les Internautes s’alarment, cliquent, partagent… Pendant 3 heures maximum (à considérer que tu partages cet article aux meilleures heures d’affluence sur les réseaux que tu choisis). Au bout de 3 heures, ton article a fait le tour de la toile, atteint son potentiel maximum d’engagement, et toutes les personnes qui l’ont lu sont désormais au fait de la supercherie. Au bout d’un mois, la personne qui partagera ton contenu passera pour un “plouc”. Sur le long terme, ton contenu perd en valeur. Et c’est sans compter sur l’explosion de ton taux de rebond. (Point définition: ton taux de rebond traduit le pourcentage de visiteurs étant arrivés sur une page de ton site et l’ayant quitté sans en avoir consulté d’autres) .

2. Perte en crédibilité

“Construire sa réputation peut prendre 20 ans, mais il peut suffire de 5 minutes pour la détruire.” -Warren Buffet Cliquez pour tweeter

À combien plus forte raison lorsqu’il s’agit de ton e-réputation ! La raison pour laquelle plus personne ne se permettra de partager ton contenu en l’accompagnant de critique positive, c’est qu’une fois qu’une majorité des internautes l’aura vu, cette majorité s’accordera implicitement pour faire de ta plateforme une source officielle de désinformation. Facebook a d’ailleurs mis en place des outils spécifiquement conçus pour identifier les sites de fake news et lutter contre cette désinformation, notamment en s’alliant à huit médias français. Ces derniers sont chargés de vérifier une information signalée par des utilisateurs qui douteraient de sa véracité. La parole étant bien plus libérée sur les réseaux sociaux que sur ton site, tu risques en plus une énorme perte en crédibilité. Plus tu “mens” aux internautes, plus tu perds en crédibilité non seulement à leurs yeux, mais aussi à tes pairs et potentiels futurs partenaires, sponsors ou clients. Il suffit d’un article, un tweet, un billet de blog, bref, d’un rien pour ruiner ta réputation.

3- Perte en référencement

       Et au-dessus de la sanction des internautes se trouve celles des algorithmes Google! N’oublie pas que les moteurs de recherche mettent en place des robots de plus en plus performants, permettant de classer les résultats d’une recherche en fonction de leur pertinence, de l’originalité et de la cohérence de son contenu. Le click baiting peut constituer un motif suffisant pour Google à déclasser ton blog et le positionner à la 89e place (autrement dit sur une page de résultats que personne ne consulte). De ce que je sais, il est très difficile pour un site de se remettre de ce type de sanction, malgré tous les changements de métadescriptions, balises et campagnes adwords (pour les mordus de SEO).

En conclusion, le click baiting peut être une pratique dangereuse, voire fatale pour ta plateforme. Il est cependant tout à fait possible de rendre tes publications intéressantes, sans pour autant avoir à mentir ! N’hésite pas à t’inspirer des sources d’informations à la fois sûres et réputées pour leur qualité, et fais preuve de créativité. Mais pour l’amour de ton e-réputation : NE PRATIQUE PAS DE CLICK BAITING !

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Jessy Tweete

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2018-10-26T19:06:12+00:00
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